Comment faire grève le 5 novembre et après ?

La grève est un droit : mode d’emploi

Comment faire grève

Dans le PRIVÉ

  • Il n’y a pas de préavis à respecter (hors secteur des transports de passagers) : on peut se mettre en grève d’une minute à l’autre. Même sans syndicat, ni représentant·e du personnel dans l’entreprise.
  • Le 5 novembre est couvert par un appel syndical national sur tous les secteurs : il est donc possible de se mettre en grève même si les autres collègues ne veulent pas se mobiliser. Mais bien sûr, c’est mieux de motiver ses collègues : ça fera plus de monde mobilisé !
  • Aucune sanction pour absence injustifiée pour grève n’est possible. Le salaire est diminué de la stricte durée de la grève. Exemple : faire grève 3 heures ne peut pas baisser le salaire d’une journée entière !
  • Mais on peut aussi faire grève sur d’autres journées : si on le décide avec ses collègues, c’est le moment de se mobiliser en plus sur d’autres revendications, en particulier sur les salaires !

Dans le PUBLIC

Que vous soyez fonctionnaire ou non, des préavis ont été déposés et couvrent toute la période. Pas besoin de vous déclarer gréviste (sauf dans certaines professions – les professeur-es des écoles par exemple) : c’est à vos supérieurs de constater votre absence.Pourquoi faire grève ?

Pourquoi faire grève ?

Il est parfois difficile de percevoir le lien entre une grève dans son entreprise et la situation politique nationale. Pourtant, les deux sont intimement liés. La grève n’est pas seulement un droit, c’est l’arme la plus puissante des salarié·es pour changer le cours des choses.
Il est parfois difficile de percevoir le lien entre une grève dans son entreprise et la situation politique nationale. Pourtant, les deux sont intimement liés. La grève n’est pas seulement un droit, c’est l’arme la plus puissante des salarié·es pour changer le cours des choses.
1. Parce que ce sont les travailleurs qui font tourner le pays

Sans travail, rien ne fonctionne. Le confinement lié au Covid l’a montré : dès que l’activité s’arrête, tout s’arrête. La grève rappelle une évidence : c’est le travail qui crée la richesse. Et donc, ce sont les travailleurs qui ont le pouvoir de peser sur les choix politiques et économiques.

2. Parce que la grève met la pression sur les directions d’entreprise

Les gouvernements écoutent surtout le patronat. Or, chaque jour de grève représente une perte économique pour les employeurs. En arrêtant le travail, les salarié·es contraignent les patrons à faire pression sur le gouvernement, pour que celui-ci réponde à nos revendications.

3. Parce que l’extrême-droite et le patronat veulent nous diviser pour mieux exploiter

Le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et toutes les divisions servent toujours les mêmes : ceux qui profitent de notre travail. En nous dressant les un·es contre les autres, l’extrême droite permet au patronat d’exploiter davantage les salarié·es précarisé·es. La grève, au contraire, nous unit dans un même rapport de force et démontre nos intérêts communs.

4. Parce que les services publics et les associations sont essentiels

Dans l’éducation, la santé, l’énergie, les transports, la vie associative… arrêter le travail a un impact direct sur toute l’économie. Sans crèches ni écoles, pas de travail pour les parents. Sans trains, pas de déplacements. Sans énergie, pas de production. Faire grève dans le public et l’associatif, c’est contribuer à ralentir toute l’économie et accentuer la pression dans tous les segments de la population..

5. Parce que même dans les petites entreprises, ça compte

On entend souvent : « Mon petit patron n’y est pour rien ». Mais les petits employeurs défendent les mêmes revendications que les grands : pas d’augmentation du SMIC, moins de cotisations sociales… Or, une hausse du SMIC ou de meilleures protections sociales profitent à toutes et tous, y compris aux petites boîtes. Faire grève dans les petites entreprises, c’est aussi peser sur les revendications patronales et donc sur les choix politiques.

6. Parce que ça marche !

1936 : congés payés, semaine de 40 heures, délégués du personnel.
1968 : +35 % du SMIC, +10 % sur tous les salaires, droit syndical.
1995 : échec de la réforme des retraites.
2006 : retrait du « contrat première embauche ».

Et chaque année, des milliers de grèves locales arrachent des victoires sur les salaires et les conditions de travail.
Là où les salarié·es sont organisés et se mobilisent, les salaires et les droits résistent mieux à l’inflation et aux attaques.

Imprimer cet article Télécharger cet article