Féminicide à Drancy : Dacheca et son bébé, notre peine, notre colère, notre combat

C’est avec stupeur et effroi que nous avons appris le féminicide de Dacheca SYRIUS, aide-soignante de nuit depuis cinq ans et élue CGT à la Clinique du Bourget, ainsi que le meurtre de son bébé de deux
mois, le jeudi 17 septembre 2026 à Drancy. Nos pensées vont à leur famille, à leurs proches et à
l’ensemble des salarié·es de la Clinique du Bourget. Nous demandons à la direction de mettre
immédiatement en place un accompagnement psychologique et d’accorder aux personnels le
temps nécessaire pour affronter cette terrible épreuve. Un ancien compagnon de Dacheca a été
mis en examen et placé en détention provisoire. Il appartient désormais à la justice d’établir
précisément les faits et les responsabilités.

Nous refusons que la mort de Dacheca et de son bébé soit réduite à un simple fait divers. Les féminicides sont des faits sociaux et politiques, ancrés dans un système d’inégalités et de domination. Ils constituent l’expression la plus extrême d’un continuum de violences : contrôle, menaces, harcèlement, violences économiques, psychologiques, physiques et sexuelles.

Le patriarcat tue. Le manque de moyens pour prévenir les violences, protéger les victimes et les accompagner met également des vies en danger. Il n’y a aucune fatalité : ce scandale doit cesser ! Dans les métiers de la santé et de l’action sociale, les femmes sont très largement majoritaires. De jour comme de nuit, elles prennent soin de la population tout en affrontant parfois de grandes difficultés personnelles et familiales. Une société qui exige d’elles qu’elles prennent soin des autres doit aussi leur permettre d’être protégées, entendues et accompagnées.

Pour la CGT, la lutte contre les violences faites aux femmes est un combat syndical à part entière, dans toute la société comme sur les lieux de travail. Les femmes doivent pouvoir parler et être protégées sans craindre de perdre leur emploi, leur salaire ou leur logement.

Dacheca avait choisi de soigner les autres et de s’engager à la CGT pour défendre ses collègues.
Nous poursuivrons ce combat pour que chaque femme puisse vivre, travailler et militer
librement et en sécurité.POUR DACHECA ET TOUTES LES AUTRES, DES ACTES MAINTENANT !NOUS NE VOULONS PLUS COMPTER NOS MORTES. PAS UNE DE PLUS

La CGT revendique :

• L’adoption et le financement d’une loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, agissant à tous les niveaux : prévention, protection, santé, justice, éducation, travail, sanctions et accompagnement des victimes.
• Des moyens humains et financiers renforcés pour les associations spécialisées et les services publics : justice, police, santé, inspection du travail, services sociaux, protection de l’enfance et hébergement d’urgence.
• De véritables droits professionnels pour les victimes : absences rémunérées, aménagement des horaires, mobilité professionnelle ou géographique, protection de l’emploi et du salaire, interdiction du licenciement et suppression des jours de carence liés aux violences.
• Des lieux de travail protecteurs, avec sensibilisation, formation, procédures de signalement et plans de prévention obligatoires.
• Des moyens renforcés pour les référent·es en matière de harcèlement et les organisations syndicales, afin que toutes les victimes soient accompagnées en toute confidentialité, y compris sans représentant·es du personnel.

Bobigny, 23 septembre 2026

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